La date du samedi 20 janvier 2018 restera dans la mémoire collective de la communauté musulmane et plus spécialement celle de Bouaké comme un jour sombre. Un autre monument, une autre figure emblématique de l’islam s’en est allé : El Hadj Tidiane Dramé a rejoint son Créateur après une vie consacrée entièrement au service de l’Islam.

Issue d’une famille d’érudits, El Hadj Tidiane Dramé est né à Bouaké en 1928. C’est au côté de son père Kotrama Dramé, imam de la mosquée Dougouba, aujourd’hui mosquée centrale de Bouaké, qu’il apprend les préceptes de l’Islam. Décidé à ramener le maximum de personnes sur le droit chemin, il s’engage dans la Dawa (prédication de l’Islam). Il parcourt villages et hameaux afin de propager et faire connaître la religion. En 1974, il est désigné comme l’adjoint de l’Imam Traoré à la mosquée de Dar Es Salam. En 1976, au décès de ce dernier, il devient l’Imam principal. Et cette même année, il part accomplir son premier pèlerinage en terre sainte. Un voyage hautement spirituel, qu’il aura l’immense bonheur d’accomplir 5 fois dans sa vie d’homme engagé à servir l’islam.

Au début des années 1980, sous son impulsion, est bâti au quartier dar es salam, l’une des plus grandes mosquées du pays en terme de superficie. Un édifice somptueux pour accueillir le plus grand nombre de musulmans de son quartier.

Père de 24 enfants avec au total 203 petits-fils et arrières petits fils, El Hadj Tidiane Dramé, représente à lui tout seul une époque, une science, une connaissance et un savoir qui disparaissent à tout jamais.

Parlant de lui, Djibo Youssouf Nicolas, maire de Bouaké évoque, la perte d’un monument important pour notre religion.

Doyen d’âge des guides religieux de la région, El Hadj Tidiane Dramé, a été pour beaucoup un père généreux, un homme au grand cœur. Après 90 années d’une vie passée dans la crainte et l’adoration d’Allah, cet éminent guide religieux s’en est allé rejoindre son Créateur. Et depuis ce dimanche 21 janvier 2018, il repose dans la paix du seigneur des mondes, au cimetière municipal de Bouaké.

Siriki Barro à Bouaké