L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic a été condamné mercredi 22 novembre à la prison à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Au total, le « Boucher des Balkans » a été reconnu coupable de dix chefs d’accusation sur onze.
Ratko Mladic est le dernier des responsables de la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995) jugé par ce tribunal créé en 1993 pour juger les personnes présumées responsables de crimes de guerre durant les conflits des Balkans. Il fermera définitivement ses portes, le 31 décembre.

Mercredi, Ratko Mladic était arrivé dans la salle du tribunal, à La Haye, le pouce levé, souriant aux photographes. La défiance dont il faisait preuve à l’égard des juges, ne les saluant pas lors de son arrivée, s’est encore renforcée lorsque, durant l’audience, M. Mladic s’est levé et a crié aux juges qu’ils mentaient. Le juge Alphons Orie a alors ordonné que l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie soit évacué après avoir refusé d’accéder à la demande de la défense d’interrompre les procédures en raison de la tension artérielle trop élevée de l’accusé.
C’est finalement dans une pièce adjacente que Ratko Mladic a pris connaissance de la suite de son jugement. La défense, qui avait tenté en vain de faire reporter la date du verdict, avait demandé plus tôt que la tension artérielle de l’accusé soit à nouveau mesurée.

« Nettoyage ethnique »
Le procureur, Alan Tieger, avait requis en décembre 2016 la prison à perpétuité. M. Mladic « ne mérite rien d’autre que la peine maximale », avait déclaré M. Tieger. Les avocats de Ratko Mladic demandaient de leur côté l’acquittement de leur client.
Il est, avec son alter ego politique Radovan Karadzic, un « architecte de la politique de nettoyage ethnique » d’une partie de la Bosnie en vue de créer un Etat serbe « ethniquement pur », selon le procureur Serge Brammertz.
En mars 2016, Radovan Karadzic – celui qui, avec l’accord de Slobodan Milosevic à Belgrade, avait choisi Mladic pour conduire son armée et mettre à exécution son programme d’épuration ethnique – a été condamné à quarante ans de prison.

« Quintessence du mal »
Le haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a salué la condamnation à perpétuité de l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie qu’il a qualifiée de « victoire capitale pour la justice ».

La présidente de l’association des mères des enclaves de Srebrenica et de Zepa, Munira Subasic, s’est, elle, dite mercredi « partiellement satisfaite » du verdict. Près de 8 000 hommes et garçons ont été tués dans le massacre de Srebrenica en juillet 1995.

In Le Monde