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[Chronique] Les hommes politiques et politiciens en Côte d’Ivoire. Qui sont-ils ? Que présentent-ils et comment font-ils ?

Dans notre pays tout le monde se prend pour un politicien. Or la politique est une science. Et comme toute science elle s’apprend.  Elle a ses enseignants, ses règles, une éthique et une déontologie.

On ne doit pas faire et dire n’importe quoi dans la politique. Car le développement, la paix et la sécurité de millions de personnes en dépendent. En Côte d’Ivoire ceux qui s’agitent ou qui se prennent pour les politiciens peuvent être classés en huit catégories :

  1. La première catégorie : ce sont les agitateurs, ce sont eux qui de nature aiment la politique. Il faut qu’il soit dans la politique ou avec les hommes politiques. C’est leur raison d’être. Ceux-là, quel que soient les régimes et les situations, ils seront toujours dans la politique d’une manière ou d’une autre ;
  2. La deuxième catégorie, ce sont les idéalistes : ceux qui croient qu’on peut résoudre tous les problèmes du monde avec la politique. Quel que soit le métier qu’ils ont appris par ailleurs, leur métier de prédilection c’est la politique. Ceux-là finissent tôt ou tard par être désillusionnés ;
  3. La troisième catégorie ; les obligés : ceux-là n’ont jamais pensé un seul instant à une carrière politique. Mais leurs ascensions professionnelles les hissent à un niveau ou des décisions politiques ont une importance capitale sur leur carrière. Pour se maintenir ou se protéger ils pensent pouvoir être politiciens ;
  4. La quatrième catégorie, les frustrés : ce sont ceux qui s’estiment avoir été bafoués dans leur dignité ou privés de quelques choses à laquelle ils ont droit. Du fait de la politique ou des hommes politiques, pour eux la politique est un moyen de se venger et de protéger les siens ;
  5. La cinquième catégorie : les envieux ou les insatisfaits : ce sont des gens qui ont réussi socialement, matériellement. Mais ils souffrent de ne pas jouir de l’effet de tapis rouge ou de la signature qui ouvre les portes et les salons des VIP ;
  6. La sixième catégorie ; les kamikazes : ceux-là, la politique ne les intéresse guère. La politique est un moyen comme un autre. Mais ils sont prêts à tout pour combattre, salir des hommes politiques qu’ils ne portent pas du tout dans leur cœur pour des raisons aussi fallacieuses que farfelues ; ils travaillent comme des mercenaires.
  7. les solistes : un pied dedans et un pied dehors. double face. La nuit ils ont un langage, le jour un autre. ils ne pensent qu’à eux-mêmes. Ils ne pensent ni à leur famille, ni à leur parents, encore moins à leur parti politique. Ce qui compte, c’est eux, ce qu’ils veulent un point un trait.
  8. Les héritiers : Ceux-là ont eu la chance d’avoir des parents qui ont duré et joué un rôle prestigieux au service de leurs peuples. Certains y ont été préparés, d’autres non. Les derniers sortent généralement de la politique par la petite porte alors qu’ils sont entrés par la grande porte.

En tout état de cause, quelle que soit la catégorie, pour réussir et bien réussir dans la politique, onze qualités sont essentielles. Mais avant toute chose que veut dire réussir en politique ?

La réussite en politique est matérialisée par cinq choses :

  1. Le maximum de vos concitoyens se reconnait en vous sur plusieurs échéances électorales démocratiques ;
  2. Votre capacité à rassembler au-delà de votre parti, de votre groupe religieux et ethnique ou racial;
  3. La possibilité pour vous, pour les membres de votre famille, pour vos amis et collaborateurs à vaquer tranquillement à leurs occupations et à jouir de leurs biens sans crainte, dans un pays de droit et de justice pendant et après le pouvoir ;
  4. Avoir des principes universels ou locaux qui peuvent rapprocher partisans et adversaires ;
  5. Avoir des adeptes de ces principes qui continuent à être défendus et protégés sur une durée illimitée ;

Pour réussir dans la politique, les onze qualités essentielles sont les suivantes :

  1. Ouverture d’esprit ;
  2. Humilité ;
  3. Disponibilité ;
  4. Don de soi ;
  5. Sens de la justice et de l’égalité ;
  6. Absence d’esprit vindicatif ;
  7. La reconnaissance ;
  8. Esprit d’anticipation ;
  9. L’audace ;
  10. Le courage et l’endurance ;
  11. L’esprit d’anticipation

De ces onze qualités; quatre sont des qualités structurantes qui permettent d’atteindre aisément les sept autres qualités. Ce sont l’humilité, la disponibilité, l’esprit d’équité et de justice, puis l’esprit d’anticipation.

Malheureusement chez la majorité de nos politiciens et ceux qui se croient politiciens, ces quatre qualités structurantes sont quasi absentes. Et elles sont plus tôt remplacées par huit les défauts suivants :

             Egoïsme et sectarisme

             Cupidité et avidité

             Court termisme et impatience

             Hypocrisie et manque de loyauté

Justement ce sont ces huit péchés majeurs des hommes politiques ivoiriens qui font que  très peu parmi eux sont des hommes d’état. C’est-à-dire des hommes politiques qui ne cherchent pas seulement à faire du populisme pour faire plaisir à leurs partisans. Mais qui cherchent plutôt à convaincre le peuple sur ce qui est bon, durable et inclusif. Ces hommes politiques-là ne cherchent pas à exploiter les instincts sectaires et xénophobes du peuple. Bien au contraire, au risque de leur popularité, ils prennent leur courage pour convaincre, convaincre et toujours convaincre de la nécessité de la justice, de l’équité et du vivre ensemble.

En un mot comme en cent, si tout le monde peut faire de la politique, seuls les hommes d’Etat devraient diriger nos pays.

Fatim Djamila

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