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[Chronique] le musulman et la politique : entre la démocratie constructive et la “démoncratie’’ destructive, quel choix ?

Dans notre édition du 11 Septembre 2018, nous avons essayé de répondre à la question suivante : le musulman doit-il faire la politique ? Dans le processus de réponse à cette problématique, nous avons énuméré les qualités que tout politicien, musulman ou pas, devait observer. Dans cette deuxième édition, nous évoquerons comment le musulman doit choisir entre la démocratie constructive, et la “démoncratie’’ destructive. Le rêve de la plupart des êtres humains est de vivre dans un état ou sa voie compte dans le choix de ses dirigeants.

Où les dirigeants se soumettent au verdict du suffrage universel. Mais au fil de l’Histoire, les Hommes se sont rendus compte que l’exercice de la démocratie totale n’est pas sans risque dans certains cas. Car la  démocratie a souvent abouti à la naissance de la “démoncratie’’ avec l’avènement au pouvoir d’Etat de véritables démons politiques.

 Adolphe HITLER en est l’illustration la plus achevée. Il est venu au pouvoir par la voie des urnes. Là il a soumis la démocratie à son pouvoir. Il en est reparti après  avoir  anéanti  son peuple et son pays aussi que le reste du monde. Son règne marquera l’Humanité pour des siècles et des siècles encore. Ainsi dans l’exercice de son droit démocratique, le musulman doit s’armer pour pouvoir choisir entre le vrai démocrate qui ne s’accroche pas à son trône par tous les moyens, et le vrai démoncrate qui  utilise la démocratie pour la détruire ensuite.

Alors, comment reconnaitre un “démoncrate’’ ?

  1. Le “démoncrate’’ s’entoure de personnes qui dépendent de lui et de lui uniquement ;
  2. Autour du “démoncrate’’ personne ne peut émerger. Tout part et revient à lui et à lui seul ;
  3. Le jour il noue des alliances qu’il défait aussi tôt la nuit ;
  4. Il n’écoute que lui-même ainsi que ses partisans les plus extrémistes ;
  5. Pour lui, l’adversaire politique est un ennemi qui doit être combattu comme tel. Pour l’abattre, il commence par le calomnier, le vilipender, l’intimider et l’empêcher de s’exprimer ;
  6. Il noue les alliances au gré de ses intérêts personnels et de ceux de son groupe
  7. Le populisme est son arme principale. Ainsi il promet tout, à tout vent, tout en sachant que ce qu’il propose est du domaine de l’impossible ;
  8. Le mensonge, le camouflage et le chantage sont les outils favorables du “démoncrate’’ ;
  9. Le Mythe autour de soi. Le “démoncrate’’ cultive toujours un mythe autour de sa personne, et de ses promesses supposées ou non ;
  10. Le “démoncrate’’ se croit investi d’une mission que lui seul peut et doit accomplir ;
  11. Pour assouvir ses besoins, le “démoncrate’’ utilise de préférence, la religion, le tribalisme, le nationalisme, la xénophobie, la peur, l’insécurité, la pauvreté et les difficultés économiques conjoncturelles ;
  12. Le “démoncrate’’ pense qu’a priori, tous ceux qui ne partagent pas son opinion, sont contre lui et prêt à l’éliminer physiquement ;
  13. Le “démoncrate’’ élimine toujours ses premiers compagnons, pour rester seul, sans témoins, de ses méthodes utilisées pour parvenir au sommet ;
  14. Le “démoncrate’’ n’a pas de référence. Il est l’Alpha et l’Omega. C’est à lui qu’on doit ressembler. Lui ne ressemble à personne. Il est unique. C’est le mythe de “l’unicité humaine’’ ;
  15. Le démocrate pense que c’est grâce à lui que tout le monde est heureux, Donc on lui doit tout, et lui ne mérite que reconnaissance éternelle, Personne n’a rien fait pour lui.

Ainsi, si le musulman a le droit de faire la politique, il a  aussi et surtout le devoir de ne pas faire n’importe quoi. Et surtout de ne pas choisir n’importe qui.

Dans son choix politique il doit observer les sept (7) facteurs suivants :

  1. Le candidat a-t-il des références politiques. Par exemple, quelle est son idéologie politique ? qui est son mentor ? s’il n’a ni idéologie politique affichée, et s’il ne se reconnait aucune référence ou mentor politique, il faut s’en méfier ;
  2. Le candidat est-il entouré de personnes qu’il écoute honnêtement et régulièrement ?
  3. Le candidat est-il arrogant ou humble ?
  4. Le candidat est-il proche de ses parents, de son village et de sa communauté ?
  5. Ceux qui travaillent dans son entourage immédiat sont-ils heureux ou pas ?
  6. Quelle est la longévité de ses amitiés ? Est-il toujours avec les gens avec qui il a commencé ?
  7. Enfin le candidat a t’il les moyens relationnels, matériels, physiques et intellectuels de ses ambitions ?

Par exemple pour les élections présidentielles en Côte d’Ivoire, il y a plus de  quarante mille bureaux de vote. Le candidat a t’il les moyens de déployer, transporter, nourrir et payer ses 80.000 scrutateurs qui sont chargés de surveiller ses voies dans les urnes ? Sinon n’est-il pas simplement un plaisantin qui profite du système de la démocratie ?

En un mot comme en cent le musulman doit participer à la politique. Mais il doit se donner les moyens de faire le bon choix à tout moment et en toutes circonstances. Il ne doit jamais s’associer à la “demoncratie’’ et aux “demoncrates’’

Par Abou KhalFatim

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